Distribution Rhône-Alpes

Ripidius quadriceps en Isère

Comme les Strepsiptères (Fraval 2007), les Ripiphoridae sont ectoparasites d’insectes. Chaque ripiphoride est associé à une espèce particulière ou à un spectre très étroit d’hôtes. Très diversifiée en milieux tropicaux, la famille compte tout de même 9 espèces en France métropolitaine (Bouyon 2014). Le genre Ripidius ne comporte que deux espèces françaises, R. abeillei Chobaut, 1891 et R. quadriceps Abeille de Perrin, 1872, plus une troisième, R. pectinicornis Thunberg, 1806, introduite (Taxref v.10 2016). Les Ripidius sont ectoparasites des blattes du genre Ectobius. Les femelles sont néoténiques et aptères, tandis que les mâles disposent d’antennes fortement flabellées et d’ailes fonctionnelles. Les yeux occupent presque toute la tête, réduisant presque totalement l’espace dédié à la bouche. Les larves ont une forme dite trionguline qui leur permet de s’accrocher à leur hôte. 

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Ripidius quadriceps (photo H. Bouyon, inpn.mnhn.fr)

La rareté des Ripidius est souvent mise en avant mais leur biologie cryptique, l’absence d’attraction envers des appâts, les fleurs…, leur rang trophique et la durée de vie très courte des adultes (3 jours pour le mâle, Szalóki et al. 2012) prouvent que cette rareté découle en fait d’une sérieuse difficulté pour échantillonner ses animaux. Les travaux de Besuchet (1956), ont montré à ce propos que les Ripidius étaient faciles à obtenir par élevage de blattes collectées en forêt, car une proportion notable de ces insectes est parasitée.

Ripidius quadriceps est l’espèce la plus courante du genre en France. Elle est distribuée nationalement, et régulièrement signalée comme par exemple dans le Loiret récemment (Fleury et al. 2011).

Ripidius abeillei Chobaut, 1891 n’est connu que du Sud-Est de la France, en région PACA où il est très peu commun. Une sous-espèce bolivari est endémique de la Sierra Guadarrama en Espagne (Barreda 2015).

Ripidius pectinicornis, espèce cosmopolite, s’est installée aux USA et semble être couramment observée à Hawaï (Falin 2001). Elle parasite le dictyoptère Blatella germanica, très souvent transporté par bateau et par suite, responsable de la dissémination intercontinentale de R. pectinicornis.

Donnée nouvelle pour Ripidius quadriceps Abeille de Perrin, 1872 :

– Isère, Champ-près-Froges, 1 individu le 5.VI.2015, au piège aérien type Mériguet, placé sur chêne, leg. et coll. R. Saurat.

Références :

Fraval, A., 2007. Les Strepsiptères. Insectes 147 : 13-16.

Barreda, J.M., 2015. Distribución de las especies de Ripiphoridae Gemminger & Harold, 1870 en Andalucía (España) (Insecta, Coleoptera). Zoologica baetica 26 : 31-41.

Besuchet, C., 1956. Biologie, morphologie et systématique des Rhipidius (Col. Rhipiphoridae). Bulletin de la Société Entomologique Suisse 29 (2) : 74–144.

Bouyon, H., 2014. Ripiphoridae : p. 524-525. In Tronquet, M., (éd.), Catalogue des coléoptères de France. Association Roussillonnaise d’Entomologie 1052 p.

Falin, Z.H., 2001. Notes on the occurrence of Ripidius pectinicornis Thunberg (Coleoptera: Rhipiphoridae) in the continental United States and Hawaii. The Coleopterists Bulletin 55 (2) : 194-197.

Fleury, J., Nusillard, B., Bouget, C., 2011. Sur la capture récente de Ripidius quadriceps Abeille de Perrin, 1872 dans l’Aube et le Loiret (Coleoptera Ripiphoridae). L’Entomologiste 67 (6) : 351.

Szalóki, D., Horváth, B., Merkl, O., 2012. First record of Ripidius quadriceps, and data of other wedge-shaped beetles in Hungary (Coleoptera: Ripiphoridae). Rovartani Közlemények 73 : 35-43.

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